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Edito

La fracture de deux mondes …

Le 20 décembre 2018
Il y a dans les mesures prises par notre Président de la République pour répondre à la colère des gilets jaunes une mesure qui plus qu’une autre a retenu mon attention : C’est « la prime de Noël » ou « prime de quand vous voudrez » que les entreprises peuvent verser à leurs employés moyennant une exonération de toute charge et de toute fiscalité.




Il faut, pour imaginer une telle disposition en réponse à un manque de pouvoir d’achat de certains de nos concitoyens, faire partie d’un
monde qui n’est pas le mien et sans doute peut-être aussi pas le vôtre – je vous laisse en juger-.
Il faut d’abord admettre, et c’est déjà un monde, que l’émission d’une prime dans une entreprise privée, puisse se décréter à la seule incitation de l’Etat. Il faut ensuite, pour que cette proposition ait un sens, poser comme principe que de l’argent, que beaucoup d’argent serait en quelque sorte disponible dans toutes les entreprises de France et donc distribuable à la simple volonté du patron, ce qui est une véritable ineptie ! Il faut enfin, et ce n’est pas le moindre, que la simple annonce d’une exonération de charges patronales sur cette prime suffise à déclencher cette volonté, ce qui est intellectuellement profondément navrant !
Cette vision du patronat m’aurait bien fait sourire tant je m’en sens éloigné et j’aurais volontiers pensé qu’il y avait là beaucoup de naïveté dans l’appel de notre Président. Mais lorsque j’ai entendu l’engouement des grands patrons à participer à cette pantalonnade, comme si chacun d’eux se devait de faire mieux que l’autre, avec l’étalage de dizaines de millions sur la table, j’ai pensé que tous ces généreux d’un jour avaient bien des raisons à cette générosité ! C’est au final pour le moins troublant.

Si seule l’annonce d’une exonération est l’élément déclencheur d’une prime, c’est alors l’aveu de la cupidité du monde dirigeant - pardon, de ce monde de dirigeants.
Et maintenant nous, qu’allons-nous faire ? Que devons-nous faire ? Que pouvons-nous faire ? Donner, ne pas donner, donner moins, donner plus ? Quoi que l’on fasse, tout ceci engendrera maintenant inévitablement l’incompréhension pour ne pas dire la jalousie de nos salariés et le choc des deux mondes sera au rendez-vous avec une fois encore une image de l’entreprise un peu plus ternie.
Notre Président, par cette collusion fortuite, aura imprudemment avoué que la grande entreprise était de « son monde », et son image du « Président des riches » s’en verra renforcée !
Ceci est un vrai gâchis alors que bien des dispositions prises par ce nouveau Président allaient dans le bon sens comme celle du « d’abord produire pour ensuite distribuer ». Et de reparler de tous les sujets qui fâchent à commencer par l’ISF, devenu IFI, qui ressort
comme le symbole de l’injustice totale, alors que c’est sa suppression totale qui aurait dû être majoritairement portée.
Il est vraiment décourageant de constater que les bonnes mesures économiques prises pour cette nouvelle année 2019 (1) se trouvent déjà masquées par d’autres ne relevant que du besoin impératif de rétablir une paix sociale !


« A l’heure où j’écris ces lignes, nul ne peut savoir quel sera le dénouement de ces tensions, mais il est sûr que la
fracture entre deux mondes aura été révélée.»

Alors, pour cette nouvelle année 2019 qui s’annonce, je souhaite à toutes nos entreprises de garder le sens et la valeur de nos engagements dans le cadre de notre participation au progrès social et sociétal de notre pays, sans jamais rougir de ce que nous sommes.
Je souhaite que la réussite économique et financière de nos entreprises soit au rendez-vous afin que nous puissions correctement remercier nos collaborateurs du travail accompli- avec ou sans exonération.

Je vous souhaite enfin une bonne année, pour vous et pour vos familles, avec bien sûr une très bonne santé tout au long de l’année et je vous donne rendez-vous le 9 janvier prochain pour notre traditionnelle cérémonie des vœux.


Hubert de PONTBRIAND
Président

(1) Voir circulaire social « mesures Macron » de décembre


Le 20 décembre 2018