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Edito

Voici la note, et ... n’oubliez pas la « Repentance » Acte-II : Un nouveau monde – Réflexions...

Le 17 juillet 2020

Mes chers amis, vous me permettrez, j’en suis sûr, presqu’à l’aube de la fin de mon mandat, quelques réflexions sociétales qu’il me plaît de partager avec vous.

En septembre 2019, il n’y a donc que quelques mois, le titre de mon édito était déjà : « Voici la note, et n’oubliez pas la repentance ».

Je ne pensais pas l’utiliser à nouveau en juin 2020, mais, face à l’actualité, je n’ai rien trouvé de mieux. Ce sera donc l’acte II. C’est un mâle blanc de plus de cinquante ans qui vous parle, donc paraît-il potentiellement suspect - ne l’oubliez jamais en lisant cet édito. Si vous n’êtes pas d’accord avec moi, vous tiendrez là au moins une bonne justification à votre opposition légitime.
En privilégiant « à tout prix et quoi qu’il en coûte » la santé publique immédiate sur l’autel de la raison sanitaire qui aurait dû prévaloir en ces temps de pandémie et en sacrifiant la santé économique de nos pays pour masquer une impréparation coupable résultant de multiples lâchetés ordinaires, nos pays développés ont succombé à la tentation de vouloir rester populaires en transférant une fois encore les conséquences budgétaires de leurs actes sur les générations futures : Mes chers petits-enfants, voici donc la note ... vous faut-il le détail ?

Nous venons de passer trois mois inimaginables et après que tout a été vu et que tout a été entendu, nous observons le réveil de notre monde, le réveil du nouveau monde, celui qui commence à s’imposer à nous. La très grande majorité de nos entreprises est sortie debout de cette crise, soutenue massivement par une gigantesque quantité d’argent venue subitement comme par enchantement de nulle part et nous avons dû, chacun à notre niveau, modifier nos pratiques pour nous adapter aux nouvelles exigences d’un environnement sanitaire toujours hostile et à des choix politiques de nos sociétés. Rien n’est pourtant stabilisé, loin s’en faut, et l’équilibre de nos comptes d’exploitation est plus encore que jamais suspendu au bon vouloir de la manne publique nous rendant, plus encore qu’avant, dépendants d’un système étatique omniprésent.

Le Bâtiment est sous contrôle dès lors qu’il ne survit que grâce à l’aiguille de la perfusion bien implantée dans sa veine. Mais comment faire pour s’en soustraire, puisque, que nous fassions bien ou que nous fassions mal, on a décidé de nous sauver, à tout prix ! Bientôt peut-être rivaliserons-nous avec le monde agricole qui dans ce domaine tient la palme de la dépendance. Nous continuons de perdre de l’argent en travaillant mais nous serons soutenus, la tête hors de l’eau, par la nébuleuse finance qui, de rare s’est subitement sublimée en opulente sous l’effet Covid ! Beau programme.

Je voulais juste vivre de mon travail, c’est tout, mais c’est malheureusement une pensée indépendante, rétrograde, trop coupable et trop simpliste pour être admissible aujourd’hui.
Quant à la repentance, elle est, elle aussi, omniprésente autour de nous. Économique, raciale, sexuelle, écologiste, historique, elle nous submerge et nous guide sur le chemin de la pensée unique, seule vérité admise. Drôle de société où je ne me reconnais pas.
Orwell n’est pas loin pour ceux qui ont lu « 1984 ». On aimerait nous mettre le genou à terre et nous voir frapper notre poitrine en signe de contrition.

Alors mes amis, maintenant que la tempête est derrière nous (on l’espère), il va falloir se battre dans ce nouveau monde pour affirmer notre volonté de rester des entrepreneurs libres. Ne pliez pas l’échine, revendiquez votre indépendance, affirmez vos compétences, vendez le juste prix, refusez toutes formes de perfusions et exigez de vivre l’entreprise en toute responsabilité.
Car ne l’oubliez pas, la liberté n’est pas naturelle, elle se conquiert tous les jours.

 
Hubert de PONTBRIAND
Président 

 

 


Le 17 juillet 2020